Business durable : pourquoi le climat est bon pour l’innovation

//Business durable : pourquoi le climat est bon pour l’innovation

© Pascal Guittet – L’Usine Nouvelle

« Il faut plus de financements publics et privés pour le climat ! », alerte Laurent Fabius

Le climat, c’est bon pour l’innovation. Il suffit de se plonger dans les dix cas d’entreprises dénichées par notre rédaction, sous l’égide d’Olivier Cognasse, de lire les trois entretiens des personnalités réunies pour ce numéro spécial « Business climate summit » pour se convaincre que la lutte contre le réchauffement climatique est devenue l’un des thèmes majeurs des industriels. Et cela, pas seulement pour les prochains mois, conférence de Paris oblige, mais aussi pour les années futures. Tous les patrons que nous avons rencontrés l’avouent sans fard : ils ont pris conscience qu’ils avaient un rôle éminent à jouer pour préserver le climat et donc la planète. Cela ne se voit peut-être pas (encore) dans les produits qu’ils mettent sur le marché, mais ils ont tous adopté un nouveau théorème pour conduire leur activité : moins de CO2 = plus d’innovations… Et donc plus de business !

Que l’on ne se méprenne pas. Ce mouvement n’est porté par aucune philanthropie. En sauvant le climat, les industriels œuvrent d’abord et avant tout pour sauver leur business, pour le rendre durablement rentable. Dans certains secteurs, les dérèglements climatiques ont déjà des impacts tangibles. L’agriculture, la viticulture ou les assurances payent déjà le prix des désordres liés au réchauffement. Pour d’autres, comme Engie (ex-GDF), le climat est un argument commercial pour valoriser leur offre, en l’occurrence le gaz (la plus propre des énergies fossiles) face au charbon (deux fois plus émetteur de gaz à effet de serre). Toutes les entreprises se sont donc saisies du CO2 pour en faire l’un des critères de performance de tout projet de développement, aux côtés du triptyque traditionnel qualité-coût-délais.

Cette prise de conscience des capitaines d’industrie, en France et ailleurs, est une bonne nouvelle. Car, à ce stade, rien ne dit que, en décembre, les 195 États réunis à Paris arriveront à s’entendre sur un accord permettant de limiter la hausse des températures à 2 degrés. Côté entreprises, en revanche, tout laisse à penser que des engagements seront annoncés et mis en œuvre pour limiter l’impact des activités industrielles sur la planète. Aux yeux de certains, ils sembleront peut-être trop faibles ou relevant de l’effet de com’. Mais, en regard des maigres résultats issus de la conférence de Copenhague en 2009, si la COP21 permet déjà au monde des affaires de réaliser son aggiornamento en matière environnementale, cette conférence sera déjà un succès.